5 astuces pour booster la mémorisation de vos formations digitales

Approche pédagogique
Mémorisation - Skillsday

"Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien" Socrate

 

L'étendue des connaissances est infinie et notre métier est de les transmettre.

Chacun a sa manière d'apprendre mais nous savons maintenant que l'apprentissage, et surtout l'ancrage de ces apprentissages, obéit à des principes que nous prenons en compte lorsque nous concevons une formation digitale.

Vous aussi, vous avez envie d’apprendre à apprendre

Cet article s’adresse aux formateurs qui ont envie de franchir le cap de la digitalisation de formation et à ceux, déjà convertis, qui souhaitent perfectionner leur art.

 

Nos possibilités d'apprentissage et de mémorisation sont immenses. Grâce aux neurosciences, nous savons qu'elles ne sont en rien diminuées avec l'âge. Tout est une question d'entraînement. 

 

Paradoxalement, ce potentiel énorme est freiné par les limites de notre cerveau : 

  • la fragilité de l'attention,
  • un raisonnement détourné par les biais cognitifs,
  • une grande fatigabilité mentale,
  • un arrêt de la production de nouveaux neurones en réaction au stress prolongé.

 

Le défi du formateur est de dépasser ces limites et de favoriser l'ancrage des connaissances qu'il transmet.

Voici nos 5 astuces à utiliser lors du design d'un parcours et de l'écriture de son contenu :

Alterner les deux modalités de l’attention

Il y a tant à dire sur l’attention mais retenez que, selon la tâche à effectuer, l’attention peut prendre 2 formes : le mode focus ou le mode diffus qui est le mode par défaut du cerveau.

Le mode focus est le fruit d’un effort conscient pour écouter, lire, apprendre, résoudre un problème.

 

Le mode diffus se met en place lorsque nous cessons de réfléchir et que nous passons à un état de rêverie. Plus économe en énergie, il active pourtant plusieurs zones du cerveau et, à notre grande surprise, les chercheurs ont découvert que le cerveau était particulièrement actif pendant ces moments

 

Pourtant, en apprentissage, le mode focus est souvent le seul valorisé. Vous ne verrez jamais un professeur dire à ses élèves « pour mieux retenir mon cours, je vous propose maintenant de cesser de vous concentrer pendant quelques minutes ».

 

Et pourtant, c’est indispensable ! Ces modes d’attention fonctionnent en mode alternatif et se complètent. L’activité inconsciente à laquelle on se livre après un effort de mémorisation est aussi importante que l’effort lui-même.

 

C’est pourquoi le modèle micro-learning utilisé dans la formation digitale est particulièrement intéressant. Fractionner l’apprentissage en sessions courtes garantit une meilleure mémorisation… à condition qu’elles soient suivies d’activités propices au mode diffus du cerveau et à la mémorisation inconsciente : exercice physique, exercice de relaxation, concentration sur la respiration pendant une minute… même en distanciel, il est important de proposer cette activité à nos apprenants très régulièrement, après chaque séquence de micro-learning.

Donner du sens pour renforcer les patterns

Les « patterns » ou « régularités » sont les motifs que le cerveau recherche pour rassembler les nouvelles informations et leur donner un sens.

Toute expérience d’apprentissage laisse dans le cerveau une trace plus ou moins durable, appelée trace mnésique. L’information crée des connexions neuronales qui permettent sa compréhension et sa mémorisation. Cette trace disparaît rapidement si elle reste isolée et n’est pas réactivée.

 

C’est pourquoi l’apprentissage par cœur est inefficace à plus long terme et qu’il est capital d’aider l’apprenant à associer les connaissances au cours d’acquisition à des patterns existants.

 

Comment ? Par des exemples concrets, des comparaisons, des analogies, des métaphores. En créant de nombreux croisements entre la connaissance nouvelle et celles déjà ancrées, la nouvelle trace neuronale se relie aux traces anciennes déjà consolidées.

Pratiquer le chunking

J’ai fait une fac d’histoire. Je me suis toujours demandé comment mes amis de l’École des chartes avaient réussi à accumuler autant de connaissances et surtout à les retenir, moi qui ai presque tout oublié de mon programme de Licence !

 

OK, peut-être que j’ai fait la fête pendant qu'eux travaillaient et leur entraînement à la mémorisation a donc été plus important que le mien, mais peut-être il existe une autre explication. Les neurosciences nous apprennent que notre cerveau organise ses connaissances par compartiments appelés « chunks ». Un expert retient davantage de connaissances car il les rassemble en chunks de plus en plus gros et de moins en moins nombreux au fur et à mesure de son travail de mémorisation.

 

Comment créer l’effet chunking ?

 

Nous savons que la capacité de stockage de notre mémoire de travail est très faible : 4 éléments + ou – 1. Cette limite est fixe et ne s’améliore pas avec l’entraînement. Pour la dépasser, il faut alors pratiquer le chunking, c’est-à-dire relier les informations entre elles pour former des clusters cohérents. L’apprenant entraîné peut ainsi systématiquement relier une nouvelle information à un chunk et mieux la retenir.

 

Le formateur peut aider l’apprenant à pratiquer le chunking : 

  • Réduire la quantité d’informations par sessions d’apprentissage pour ne garder que celles qui vont permettre la compréhension et l’intégration de la compétence qu’il veut transmettre.
  • Inciter l’apprenant à construire des chunks par la recherche active d’idées clés. Même en digital, ces exercices pratiques peuvent être conçus.

Inciter au réflexe de relier chaque nouvelle information au chunk existant.

Jouer

Il est facile de faire jouer vos apprenants dans une formation digitale. Cela a un triple avantage :

 

Vous activez favorablement les émotions

 

Nous savons que les émotions négatives court-circuitent le raisonnement mais les études récentes ont montré qu’à l’inverse, les émotions agréables ont un véritable impact positif sur la réflexion, la créativité et la performance. Lors d’un jeu, les sens sont stimulés et procurent des sensations agréables. De plus, utilisé pour tester des connaissances à la place d’une interrogation, le jeu diminue le stress lié au risque d’erreur.

 

L’envie de gagner favorise l’attention et la mémoire

 

Un niveau de stress modéré optimise l’apprentissage car il provoque une production d'adrénaline. 

 

Utilisez ce levier avec précaution car au-delà d’un certain niveau de stress, les effets s’inversent et l’apprentissage se bloque (le cortisol remplace l'adrénaline). Attention donc à l’esprit de compétition et à l’obsession du chronomètre.

 

Le jeu agit sur la production de dopamine

 

Le jeu, s’il est une expérience bénéfique, active le circuit du plaisir et de la récompense, tous les deux mécanismes très puissants dans le cerveau. Cela renforce l’envie de reproduire les actions qui ont provoqué la récompense et augmente la motivation. On peut même noter que la motivation devient intrinsèque : l'apprenant finit par effectuer l’action (apprendre) non pour la récompense mais juste pour le plaisir qu’elle lui procure.

 

À l’inverse, l’erreur produit une baisse de la dopamine, ce qui provoque immédiatement une sensation désagréable. Si l’apprenant est informé tout de suite de son erreur, le chemin neuronal qui a conduit à l’erreur sera évité. C’est pourquoi il est très important de fournir immédiatement un corrigé après un test de connaissances ou un jeu.

Élaborer une stratégie de la répétition

La pédagogie, c’est l’art de la répétition.

 

Plus que jamais, l’adage est d’actualité et doit être expliqué. La recherche montre que la répétition est efficace sous certaines conditions.

 

Lesquelles ?

 

Varier plutôt que répéter à l’identique : multiplier les modalités de transmission de l’information permet d’activer plusieurs zones du cerveau et augmente les chances de retenir la nouvelle connaissance. Alors textes, images, schémas, vidéos, voix, exemples, storytelling… variez, variez, variez.

 

Intercaler les sujets : passer à un autre sujet et revenir au premier un peu plus tard consolide la mémoire à long terme. Il est vrai que l’interférence des sujets perturbe la mémoire à court terme mais un formateur exigeant ne reculera pas devant cette petite difficulté, n’est-ce pas ?

 

Susciter l’effort : lorsque vous voulez répéter une information, faites faire un effort à vos apprenants, activez leur processus de re-mémorisation par un jeu, un exercice, une mise en situation. Cet effort renforcera la trace mnésique.

 

Un bonus ? Un bon vieux papier/crayon ! Faire écrire l’apprenant (en écriture manuscrite et non au clavier) multiplie ses chances de rétention de l’information car l’écriture actionne de multiples zones du cerveau. Agrémentez vos formations digitales d’exercices qui exigent une production écrite de vos apprenants.

 

Quand répéter ?

 

De façon fractionnée dans le temps : nous sommes nombreux à avoir fait l’expérience de réviser tout le programme juste avant un examen. Et ensuite ? Nous avons peut-être réussi l’examen mais quelques mois plus tard, nous avons oublié tout ce que nous avions appris. 

La répétition fractionnée permet à l’inverse de mémoriser davantage et plus longtemps.

Répéter de façon très rapprochée au début : la trace mnésique est très fragile au début et s’il n’y a pas répétition, elle disparaît.

Espacer les répétitions avec le temps : cela permet de fournir un effort de remémoration de plus en plus intense et de renforcer la trace mnésique. Par exemple : 

Immédiatement après l’apprentissage (récapitulatif des connaissances apprises dans une formation), dans les 24h, 3 jours plus tard, 1 semaine après, 1 mois après, 6 mois après.

Selon les disciplines, l’espacement peut varier.

 

Ces 5 astuces, loin d’être exhaustives, permettent de repousser les limites physiologiques du cerveau pour mieux transmettre et ancrer les nouvelles connaissances de nos apprenants.

 

Testez-les et dites-nous comment vous les appliquez. Pour aller plus loin, découvrez les 3 clés d’un Digital Learning engageant et efficace.

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Par Sylvie Vasseur Learning designer, responsable du catalogue Skillsday
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